Le blog de la Ferme des Valentins

Le site Les belles histoires On aime aussi Idées séjours Livre d'or Diaporama Contacts

jeudi, décembre 11 2008

La petite poule naine

C’est l’histoire d’une poule naine une kéké, comme on les appelle ici, d’un joli roux, avec une collerette noire, et qui n’a qu’une seule passion… la couvaison ! Elle vit chez nous depuis 6 ou 7 ans, et nous amuse toujours autant ! Plusieurs fois par an, lorsqu’elle se met en tête de couver… elle ne quitte plus son nid… et y passe jours et nuits ! La fermière comprend alors qu’il lui faut choisir de bons œufs de grosses poules, ou de belles canes, pour satisfaire la passion du petit animal et les glisser bien vite sous son doux plumage. Et là, pendant presque un mois, notre kéké jolie, la tête basse, l’œil mi-clos, les plumes ébouriffées au maximum pour cacher son trésor, va patiemment, dans le calme, et avec une grande abnégation, mener à bien son œuvre… Certes, la soif va l’attirer une fois ou l’autre hors du nid, elle en profitera pour picorer quelques grains, mais elle n’aura qu’une hâte, revenir sur ses œufs pour leur tenir bien chaud…

keke.gif

Lors de sa dernière couvaison, je lui ai confié deux gros œufs d’oie, deux beaux « cocos » énormes, bien blancs, qu’elle a vite fait glisser sous son ventre chaud, en s’étalant généreusement pour les couvrir intégralement… Vingt-huit jours ont passé et le miracle est arrivé ! Vous n’imaginez pas alors la fierté de cette petite poule naine lorsque ses deux poussins ont brisé leur coquille… Presque aussi grands qu’elle ! Deux magnifiques poussins qui, s’ils ont vite surpassé leur mère en taille, ne l’ont jamais quittée des yeux, la suivant partout et répondant amoureusement à tous ses « cot cot cot »… C’est un peu plus tard que les choses se sont gâtées…

Nous avons dans l’enclos des volailles une jolie petite mare. Nos poules prudemment s’en approchent pour se désaltérer, tandis que les palmipèdes s’y baignent plusieurs fois par jour…

Maman poule a donc emmené boire ses enfants… Quoi de plus naturel ? Mais lorsque ceux-ci ont mis une patte à l’eau, elle a immédiatement protesté violemment ! Et eux, dociles, ont obéi... Cependant, jour après jour, petit à petit, l’instinct étant plus fort que tout, les oisons y ont mis deux pattes, et puis le bas du ventre ! Alors mère poule s’est affolée, voletant au-dessus de la mare pour intimer ses ordres, qui n’ont pas, hélas, été suivis d’effet… Et nous de regarder tout attendris…Depuis, et pour ne pas délaisser ses petits, notre jolie poule naine, notre kéké mignonne, s’est rapprochée des palmipèdes, et tout ce petit monde, au départ fort cloisonné, grâce à elle, j’en suis certaine, cohabite désormais, en toute harmonie !

Aux Valentins, comme on est bien !!!...

La dinde de noël

S’il est un petit domaine que je fais vivre amoureusement depuis dix ans, c’est bien celui de la basse-cour.

Au départ, nous n’avions que quelques poules, mais au fil des ans sont arrivées de nouvelles espèces. Ce furent d’abord deux couples de canards qui s’ajoutèrent aux gallinacés. C’est ensuite que vinrent les pigeons, les pintades, et finalement... les dindes ! Je me demande encore pourquoi, mais jusqu’à maintenant, nous n’avons guère été chanceux avec cette espèce-là ! Le premier couple hébergé, tout juste sorti de l’oeuf, s’est fait rôtir sous la lampe qui était sensée lui tenir chaud... Le couple suivant a régalé le renard du coin, et le troisième a survécu quelque peu, juste le temps qu’il faut pour enchanter les visiteurs des Valentins. Le mâle, tout noir, avec ses excroissances sur la tête et ses caroncules colorées, fut baptisé Charles-Edouard ! Il aimait faire la roue en glougloutant, et se pavanait volontiers devant sa femelle, toute blanche, assez godiche il faut le dire, et, excusez du peu, surnommée Bérangère...

berangere.gif

Un vrai succès, ce couple-là, le clou de la basse-cour ! Mais là aussi, l’histoire a tourné court...

Cette année, nous avons acquis un nouveau couple de ces oiseaux extraordinaires, qui semblent venir d’un autre âge ou qui sait, d’une autre planète... Hélas, encore une fois, ça commence mal ! Le mâle ne survit pas, et, cette fois-ci, c’est au froid qu’il succombe...

Je décide alors de bichonner ardemment notre Bérangère et pour la protéger des autres volatiles, je l’abrite dans le pigeonnier. Bérangère s’étoffe et s’épanouit, tout en s’identifiant gravement à ses colocataires ! Non, elle ne roucoule pas encore, mais le sol ne l’attire pas et elle se perche volontiers, chaque jour un peu plus haut, jusqu’à prendre une position dominante dans le pigeonnier ! Elle s’en félicite et glougloute fièrement dès qu’elle nous aperçoit... ce qui, avouons-le, ne nous déplait pas !


charles_edouard.gif Comme il se doit, notre dinde maintenant devenue grassouillette peut enfin quitter le pigeonnier pour rejoindre la jolie basse-cour. Elle s’y intègre rapidement mais se révèle être d’une humeur quelque peu indépendante. Nous remarquons alors que c’est “essentiellement” notre compagnie qu’elle recherche... Peut être parce que nous avons particulièrement pris soin d’elle ? Ou parce qu’elle est seule de sa race sur notre vaste domaine ? Toujours est-il que.... force est de constater ! Ainsi, chaque matin, dès que j’arrive dans l’enclos pour nourrir mon petit monde, elle m’accueille gentiment, saute sur mes pieds et tend la tête vers mon seau avec avidité... Bien sûr, je cède à ses caprices... elle seule aura le privilège de picorer du blé avant toute autre volaille... Bérangère est une si adorable gourmande ! Lorsque nous sommes dehors, elle se tort le cou pour nous apercevoir, et se perche volontiers dans un arbre, sur le toit de la pergola, ou pire encore pour nous offrir quelques glou-glous gentils...

Je vous assure, Bérangère n’est pas une dinde ordinaire. Curieuse, bavarde, sociable, gourmande certes, elle a su en quelques mois, apprivoiser, il faut le dire, et le fermier et la fermière. Si bien que pour Noël, c’est sûr, c’est impensable, il n’y aura pas de dinde au menu... mais qui sait si Bérangère, l’originale, ne va pas souhaiter participer au repas avec nous, une serviette à carreaux autour du cou ??? Alors c’est décidé, pour Noël, y’aura du dindon, pas le dindon de la farce bien sûr, mais un vrai, un beau, un gros dindon, et ne vous y trompez pas, vous qui êtes invités à partager notre repas, car le dindon, à votre avis, c’est pour qui ? un Charles-Edouard ? ... Pour Bérangère bien sûr !

Ah, comme on est bien aux Valentins !!!

lundi, décembre 1 2008

La musique !

On aime aussi la musique...

Chaque année, et pour notre plus grand plaisir, nous hébergeons plusieurs membres de la Chorale Allemande « Junge kantorei », dirigée par notre ami Joachim MARTINI. Sur 150 choristes, ils sont une trentaine à venir passer leurs vacances dans notre beau pays, et lorsqu’ils se réunissent aux Valentins, c’est la fête ! Nous n’oublierons pas le concert privé qu’ils ont donné dans notre jolie cour dont l’acoustique s’est révélée excellente !

CHOR-FEUIL02.gif CHOR-FEUIL05.gif Chorale01.gif junge-kantorei.gif








Nos amis François et Jacqueline, eux aussi, nous ont fait la joie de se produire «en famille» avec leurs instruments respectifs pour rendre hommage à Mozart, Bach et bien d’autres… François au violon, Jacqueline au violoncelle, Justine à la flûte à bec, Charlotte à la flûte traversière, et leur amie Mathilde, au violoncelle également… Ils ont été vivement plébiscités par tous les spectateurs, amis, enfants, et bien sûr nos hôtes en gîtes… et nous nous souvenons notamment de l’émotion ressentie par les plus jeunes qui, ce jour-là, ont assisté à leur tout premier concert…

Margot s'est fait la malle...

Arrivés à l’automne 1997 dans ce joli coin de Drôme, nous avons soufflé l’année suivante notre première bougie avec émotion et allégresse…

Allégresse parce que notre intégration est en bonne voie (grâce notamment à nos merveilleux voisins), également parce que nous avons la joie d’ouvrir notre premier gîte et d’avancer ainsi dans notre projet d’accueil. Émotion aussi, parce que le rêve devient réalité. Nous sommes à la tête d’un joyeux petit cheptel qui fait de nous de vrais fermiers ! Pour fêter l’événement, après les poules, les lapins, les canards et les chèvres, nous hébergeons une nouvelle pensionnaire, une grosse truie de réforme, qui nous vient d’un élevage voisin, et que nous baptisons gentiment Margot !

Margot

Mais outre l’allégresse et l’émotion, il y a aussi des matins pas comme les autres… comme ce matin du mois d’octobre, où nous sommes réveillés à l’aube par un coup de téléphone de notre voisin :

« Allô Nicole ? Tout va bien ? Tu n’as rien perdu ? Regarde bien aux Valentins s’il ne te manque pas quelque chose »

Vite levée, je me précipite dans la cour… où je constate que la porte de la porcherie est grande ouverte…

MARGOT S’EST FAIT LA MALLE ! Depuis une semaine qu’elle a élu domicile chez nous, elle n’a rien mangé, refusant la purée « maison », les mixtures du fermier (mijotées lentement, salées et relevées à point…), ne trouvant de plaisir que dans la boisson (de l’eau, rien que de l’eau, je vous le jure !). Notre expérimenté voisin, venu diagnostiquer une anomalie quelconque, n’a rien trouvé de suspect… sinon que Margot, sans doute en raison du stress intervenu lors de son déménagement (transport en camion, intégration dans une porcherie bien paillée, elle qui ne connaissait que le béton…) nous faisait « ses chaleurs », ce qui généralement contrarie l’appétit. OUF, tout va bien… d’ici quelques jours, elle mangera, c’est sûr ! Et bien non, huit jours plus tard, Margot ne mange toujours pas ! En désespoir de cause, nous lui avons acheté de la farine du commerce, berk, avec conservateur, antibiotiques et autres… et, à notre grande surprise, elle s’est jetée dessus, et a tout englouti avec une satisfaction non dissimulée, des bruitages édifiants… l’appétit lui est brusquement revenu !!! Ce soir-là, nous nous sommes donc couchés, elle et nous, heureux, confiants en l’avenir. Margot a retrouvé l’appétit, chic, chic, chic !

Margot 02

Hélas, ce matin la porcherie est vide, quelle tristesse aux Valentins !

« Mais voyons, l’ami, comment sais-tu que nous avons perdu quelque chose aux Valentins ??? »

Notre voisin nous explique alors qu’il n’a pas dormi de la nuit… Ayant entendu ses chiens aboyer furieusement, il s’est levé et a identifié au sol des traces de sanglier… a estimé que la bête devait peser au moins 100 kilos, … s’est mis aux aguets… a patienté un peu, mais attendu en vain ! Deux heures plus tard, vacarme dans sa cour… aboiements répétés, il se relève, il sort et bizarrement voit la nuit «en rose » ! En effet, c’est la Mère Margot qui se fraye un passage dans sa cour, renverse quelques potiches, piétine quelques plantes, fait son inventaire, et tente de pénétrer dans la bergerie… Notre voisin l’en empêche comme il peut et la dirige tant bien que mal vers un parc électrifié… Au moins, il va pouvoir rentrer au chaud, et dormir un peu… Nenni, Margot pète la clôture et continue son escapade… mais notre ami la perd de vue, se recouche et inquiet, décide de nous avertir aux aurores..

Hé bien, quelle déveine… Margot est elle partie sur la route ? Aurait t-elle provoqué un accident ? Est elle partie dans la vaste campagne ? Mais alors, comment la retrouver ? François avale rapidement son café et sort précipitamment à la recherche de l’animal. A peine dehors, il entend du bruit vers notre chèvrerie… et y découvre Margot, flairant la luzerne et tortillant son gros popotin (hé hé 300 kilos de bonne charcuterie !) avec entrain. Incroyable ! Elle est revenue aux Valentins ! Quelques méfaits ? Même pas, avec son groin, elle a juste ouvert la porte du clapier, mais notre gros lapin n’a pas pas daigné goûter à la liberté. Pensez donc, ici on est trop bichonné ! Lorsque François raccompagne la fugueuse dans sa porcherie, elle se montre extrêmement docile, un exemple de sagesse notre jolie truie, satisfaite sans doute d’avoir vérifié que les animaux sont bien traités ici, et qu’on s’en inquiète lorsqu’ils découchent… Quel culot quand même !

Juste après l’incident, pendant que j’écrivais ces lignes, la Reine Margot ronflait au chaud, et se payait une grasse matinée telle que notre voisin, fatigué de sa nuit, lui, a bien pu en être jaloux !

Ah, je vous le dis, aux Valentins comme on est bien !!!

Joséphine

Les poules, comme les humains, nul ne l’ignore, ne sont pas éternelles…

Ainsi, lorsqu’elles sont jeunes et pleines de vie, elles sont de bonnes pondeuses qui nous offrent leurs œufs. Au bout d’un an déjà, la ponte diminue, mais nous savons, François et moi, que lorsque nos poules seront bien vieilles, elles pourront accompagner avantageusement quelques légumes d’hiver et rassasier notre petite famille. Ainsi va la vie des poules à la ferme….Voilà pourquoi, tous les deux ans environ, j’acquière un lot de poulettes prêtes à pondre qui va prendre la relève de mes anciennes pondeuses, que je bichonne encore un peu et qui sont, vous l’aurez compris, en sursis.


josephine.jpg

Cette année, ayant essentiellement des volailles blanches, j’opte pour un lot de poules rousses. Vite adoptées par l’ensemble des autres volatiles, une seule poulette se voit rejetée et mise à l’écart. Elle se morfond et d’ailleurs ne pond pas… Un matin, je la découvre terrée dans un coin du poulailler, quelques perles de sang sur la tête… Horrifiée, je l’abrite dans une remise et la soigne gentiment. Lorsque je la remets avec ses congénères, le même scénario se produit et la situation ne tarde pas à s’aggraver. Les canards la pourchassent, les oies la pincent à la moindre occasion, et les poules l’attaquent. La pauvrette est à nouveau blessée. Que faire ? Je reprends ma poulette, et la soigne encore, puis au bout de quelques jours, ne sachant qu’en faire, je la mets dans la chèvrerie avec une caisse en bois bien paillée pour la nuit…

Le lendemain, oh surprise, j’ai un bel œuf et une poulette qui paraît en pleine forme ! Désormais chaque matin, lorsque je sors mes chèvres, elle m’accompagne en caquetant, heureuse de picorer l’herbe verte…Lorsqu’en fin de journée, je rentre mes chèvres, elle sait que l’heure est arrivée et regagne son logis trop heureuse d’assister à la traite ! Elle attend gentiment, car Joséphine, tel un petit chaton, boit son lait de chèvre matin et soir dans sa petite écuelle !

Les jours passent et la poulette prend ses marques. Si elle se refuse encore catégoriquement à côtoyer la basse-cour, le reste de la ferme lui convient parfaitement. La solitude ne semble guère lui peser, et, comme c’est décidément une poule « à part », je me décide à lui donner un petit nom, j’ai nommé Joséphine !

Nos deux chiens, qui ne tolèrent pas qu’une poule sorte de l’enclos qui leur est réservé, ont compris que Joséphine avait un statut particulier. Elle n’est jamais pourchassée ni renvoyée dans ses quartiers, elle se promène à son gré et s’enhardit au fil des jours.Elle fréquente assidûment le gîte provençal et chaque semaine se lie d’amitié avec les nouveaux locataires… Les uns nous diront qu’elle aime les miettes de pain, les suivants avoueront qu’elle a terminé la purée, d’autres encore l’inviteront chaque midi à sauter sur la table de jardin pour partager un petit pot (avec une préférence pour Blédina… chut !) en compagnie de Bébé !!!

Depuis, les vacanciers sont partis, mais Tante Antoinette est venue profiter de l’automne et se reposer chez ses neveux préférés… Hum, les bonnes tartelettes de Tante Antoinette… et ce n’est pas Joséphine qui nous contredira !

Voilà, les photos en témoignent, Joséphine est, j’ose le dire, une poule de compagnie….. Et parce qu’elle aime la vie, je l’ai plus d’une fois surprise, s’introduisant dans la basse-cour pour rendre visite à notre Coq, pour ressortir hâtivement, en s’ébrouant, incognito, avec la dignité que vous imaginez…

Encore un animal des Valentins qui ne finira pas dans l’assiette, mais qui a toutes les chances de mourir de vieillesse….

Ah, aux Valentins, comme on est bien !